Calligraphies, 90x70 cm, 2012 laque de Coromandel,

la laque est gravée afin de retrouver l'apprêt, mat et blanc

Détail d'incrustation de coquilles d’œufs.

La laque, un rêve intemporel

A l'origine, la laque est la sève de l'arbre à laque (rhus vernicifera). Au contact de l'air, elle durcit pour former une couche protectrice et imperméable. Depuis 3000 ans avant J-C, on la passe en couches successives au pinceau pour protéger les objets utilitaires comme des peignes, des bols.

L' ornementation est devenue de plus en plus complexe, transformant les plus simples objets du quotidien en œuvres d'art. Chaque culture a su se l'approprier pour créer un art propre a sa culture. La Chine est réputée pour ses laques gravées, tandis que le Japon crée ses décors à la poudre d'or. La Corée y incruste de la nacre, de la coquille d’œuf pour le Vietnam. .

 

La laque se réinvente à travers les siècles et les continents, même son genre se transforme. Lorsque l'on désigne la matière brute, la laque est féminin, mais pour un objet fini on parle d'un laque au masculin.

 

Lorsque les Européens découvrent l'Asie, ils sont immédiatement fascinés par cet art. Mais ces objets coûtent chers, les achats sont contrôlés et la laque brute ne supporte pas le voyage en bateau.

On cherche alors à l'imiter, et au XVIIIème siècle, les frères Martin mirent au point le vernis Martin à base de copal et d'huile de lin.  Ainsi est née la tradition de la laque européenne, ou vernis gras.

 

Aujourd'hui je continue cette tradition en apprêtant des panneaux de bois à la colle de peau de lapin et au blanc de meudon. Les pigments sont broyés avec le vernis, les couches sont passées, séchées, puis poncées à la main. Vient ensuite le travail de décor réalisé au pinceau, avant la finition et le lustrage, étape finale qui révèle la brillance et surtout la profondeur inimitable des laques.